Tout ce qu'il faut savoir sur la luminothérapie

Tout savoir sur la photothérapie

Et si le salut venait de la lumière du jour ? Le soleil est l'horloger de Morphée, et le sommeil est le chef d'orchestre du rythme circadien qui nous anime. A l'image de la flore qui l'entoure, notre organisme puise en la lumière son équilibre physiologique, qui se matérialise par un sommeil sain et réparateur, un appétit parfaitement régulé et, plus généralement, une meilleure énergie vitale.

Si ces assertions ont été établies dès le 19e siècle par la science, il faudra attendre le milieu des années 2000 pour voir les traitements à base de lumière se démocratiser dans les cabinets médicaux et autres établissements de bien-être.

Bien qu'elle ne jouisse pas encore de l'engouement qu'elle mérite, surtout dans l'Hexagone, la luminothérapie est aujourd'hui une valeur sûre pour le traitement et la prévention du fameux coup de blues passager, de la déprime hivernale, de la baisse de moral sans raison apparente, de l'insomnie mais aussi de divers contretemps de santé qui ont trait au dérèglement de l'horloge interne. Décryptage…

Origines de la luminothérapie : de la vénération du soleil à la thérapie lumineuse rationnelle

Rê pour les Egyptiens, Hélios pour les Grecs, Inti pour les Incas… le soleil est sans aucun doute la qualité élémentale (au sens d'Aristote) la plus vénérée par les peuples anciens. Dès l'Antiquité, l'astre brûlant a été affublé de nombreuses appellations divines, témoins de la fascination qu'il exerçait sur les civilisations de l'Antiquité.

Pendant le siècle de Périclès, Hippocrate le Grand, traditionnellement considéré comme le père de la médecine, évoquera les bienfaits de la lumière du soleil pour soigner certaines pathologies. Ses écrits seront par la suite repris par les médecins romains et arabes qui montreront un certain engouement pour le traitement par la lumière sans toutefois y apporter une explication rationnelle : ces balbutiements signent alors l'origine de la luminothérapie contemporaine.

Au fil du temps, les médecins s'intéresseront progressivement à l'altération de l'état de santé des personnes qui résident dans des logements mal aérés et surtout peu éclairés. Le point d'orgue de la luminothérapie sera atteint un soir d'automne, en décembre 1903, lorsque le Docteur danois Niels Finsen reçut le prix Nobel de médecine pour ses apports dans l'usage thérapeutique de la lumière naturelle et des rayons ultraviolets.

Il faudra néanmoins attendre les années 1980 pour voir l'émergence d'un appareil de luminothérapie de fortune, composé d'un boîtier en métal recouvert d'un écran en plastique et des ampoules fluorescentes. Ce dernier deviendra progressivement un incontournable pour lutter contre la dépression saisonnière.

Modus operandi de la luminothérapie : le troisième œil et les hormones de l'humeur

Du coup de blues à la dépression, il n'y a qu'un pas ! Ce dernier est franchi lorsque notre humeur est altérée par le désordre hormonal conséquent au dérèglement de la sécrétion physiologique de la sérotonine et de la mélatonine, deux hormones intimement liées qui agissent également sur le sommeil. Ces hormones sont synthétisées au niveau de la glande pinéale, nichée au cœur du cerveau.

Cette glande est d'ailleurs appelée le « troisième œil », dans la mesure où elle enclenche le processus hormonal diurne ou nocturne en fonction de l'impulsion électrique qu'elle reçoit par la voie rétino-hypothalmique qui lui transmet l'information de la lumière ou de l'obscurité. C'est ainsi que notre corps fait preuve de tonus et de vitalité le jour, et d'une certaine torpeur progressive la nuit.

Vous l'aurez compris, la lumière du jour, qu'elle soit réelle ou simulée, déclenche le cycle « matin » au niveau de la glande pinéale. Mais comment agit la luminothérapie ?. En exposant le corps à une lumière spécifique qui catalysera le mode « jour » alors qu'il fait encore nuit, il est possible de limiter drastiquement et en quelques jours les Troubles Affectifs Saisonniers (TAS) conséquents à un apport insuffisant en lumière et, par ricochet, à une altération de la sécrétion alternée de la mélatonine et de la sérotonine.

La luminothérapie se fraie une place dans la pratique médicale

Sortir de la dépression, apprécier les joies d'un sommeil profond et réparateur, retrouver un rythme de vie équilibré, faire le plein d'énergie et de vitalité, atténuer les affres du décalage horaire… la luminothérapie médicale a fait ses preuves depuis plus d'un quart de siècle, et s'impose aujourd'hui comme un traitement non-invasif et de premier choix, recommandé par les médecins et les professionnels de la santé.

La luminothérapie, aussi appelée photothérapie, luxthérapie ou encore luminothérapie par certains médecins, consiste concrètement à s'exposer sur une fréquence souvent quotidienne et à travers des séances d'environ une demi-heure, à la lumière émise par une lampe spéciale à intensité et à spectre relativement proches de la lumière solaire.

En France, la luminothérapie médicale est pratiquée par des professionnels de la santé reconnus dans le milieu hospitalier, mais aussi dans les maisons de retraite et certains aéroports.

Les appareils de luminothérapie commercialisés dans les pays de l'Union Européenne doivent impérativement répondre aux normes de classe IIA. L'autorisation de mise sur le marché est délivrée en France par l'Afssaps.

A l'échelle internationale, la luminothérapie est approuvée par de nombreux organismes qui font autorité, à l'image de l'Association des Psychiatres du Canada, de l'American Psychiatric Association, du National Institute of Mental Health ou encore de la Société Pour la Luminothérapie et le Rythme Biologique.

Luminothérapie : des avis dithyrambiques en France et ailleurs…

En dépit d'une médiatisation peu massive, l'engouement du grand public pour cette thérapie lumineuse ne faiblit pas. Google fait état de plusieurs dizaines de milliers de recherches mensuelles sur l'expression « avis luminothérapie » ou « light therapy ». Il faut dire que le traitement curatif ou préventif par la lumière est sur toutes les lèvres.

Dans sa chronique « pour une rentée sur les chapeaux de roue », Michel Cymes, le médecin le plus célèbre de France, classe la luminothérapie en deuxième position des résolutions pour une rentrée « zen et heureuse ».

Dithyrambique, le médecin cathodique se montre enthousiaste : « Achetez si vous le pouvez ou faites-vous offrir un appareil de luminothérapie. Ca marche ! ».

Outre-Atlantique, la luminothérapie ne compte plus ses aficionados parmi les stars hollywoodiennes. De Kate Hudson à Jennifer Lopez en passant par la belle Jennifer Aniston et la pétillante Jessica Alba, les vedettes du tapis rouge misent sur la lumière pour briller