La luminothérapie médicale contre la dépression saisonnière et la dépression sévère

Lutter contre la dépression avec la luminotherapie

Depuis les travaux de Niels Finsen, prix Nobel de médecine en 1903, la luminothérapie médicale a fait son petit bout de chemin pour passer des bancs de quelques centres de bien-être branchés à ceux des cabinets médicaux les plus prestigieux.

Outre son efficacité avérée contre la dépression saisonnière, les troubles du sommeil, la fatigue chronique ou encore les affections de la peau (acné et psoriasis), la photothérapie serait également efficace contre les dépressions majeurs et non saisonnières (Major Depressive Disorder ou MDD). C’est en tout cas ce qu’a révélé une récente étude canadienne.

A travers ce papier, nous vous proposons de revenir sur l’effet de la luminothérapie sur les différentes formes de dépression

La luminothérapie contre la dépression saisonnière

Moral en berne, humeur triste, irritabilité, état de fatigue chronique, somnolence en plein jour, réveil difficile, manque de concentration, stress, anxiété, baisse de libido… les symptômes de la dépression saisonnière sont somme toutes peu différents de ceux des épisodes dépressifs classiques.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la dépression saisonnière est loin d’être bénigne. Chez certaines personnes à risque (celles dont un membre de la famille proche est dépressif, qui résident dans un pays peu ensoleillé ou qui travaillent constamment en milieu clos), les idées noires peuvent conduire à des envies suicidaires.

Sur le point de vue médical, une dépression saisonnière, aussi appelée trouble affectif saisonnier (TAF) ou blues hivernal, n’est diagnostiquée que si elle survient pendant au moins deux années consécutives en automne ou en hiver et qu’elle s’arrête au printemps. En France, les études sur l’incidence de ce trouble affectif sont relativement approximatives, mais on estime que 4 à 6% des Français souffrent de troubles dépressifs pendant la saison froide, avec une prédominance de femmes (66% des personnes atteintes).

Plus on s’éloigne de l’équateur, plus l’incidence augmente, car le taux d’ensoleillement baisse. A titre d’exemple, l’incidence grimpe à 9% en Alaska !

Pour compenser le manque de lumière en hiver ou si l’on travaille dans un espace clos toute la journée, les personnes qui souffrent de dépression hivernale peuvent recourir à la luminothérapie médicale pour traiter et prévenir les troubles affectifs saisonniers.

Il s’agira de s’exposer quotidiennement pendant 30 minutes à une lampe de luminothérapie émettant 10 000 lux, idéalement le matin au réveil pendant au moins deux semaines. Certaines personnes ont toutefois besoin d’une cure prolongée qui peut s’étaler sur tout l’hiver.

Les séances de luminothérapie permettent de combler la carence lumineuse et de rééquilibrer les sécrétions hormonales de la sérotonine et de la mélatonine au niveau de la glande pinéale. Les séances peuvent éventuellement être complétées par l’utilisation d’un simulateur d’aube pour préparer le corps en douceur à l’exposition lumineuse intense.

Si elle a longtemps fait partie de ce que l’on appelle les pseudosciences ou encore les traitements de la médecine alternative à l’efficacité non prouvée, la luminothérapie médicale est aujourd’hui recommandée pour le traitement de la dépression saisonnière par de nombreux organismes qui font autorité dans le monde de la médecine et plus largement des sciences de la santé, à l’image de l’Association des Psychiatres du Canada, de la Société pour la Luminothérapie et le Rythme Biologique ou encore de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA).

La luminothérapie contre la déprime non saisonnière

Contrairement au coup de déprime passager, la dépression majeure et non saisonnière, aussi appelée dépression sévère, dépression clinique ou encore dépression unipolaire, est un état de tristesse chronique qui conditionne durablement le comportement de la personne, son humeur et plus largement sa vie.

Si elle n’est pas soignée, la dépression majeure peut conduire au suicide. Elle présente globalement les mêmes symptômes que la dépression saisonnière avec toutefois une durabilité prolongée et la persistance de certaines manifestations physiques comme les maux de têtes, les nausées et les douleurs chroniques localisées.

Les causes exactes de la dépression majeure ne sont pas connues avec certitude, mais il est désormais certain qu’elle obéit à des facteurs psychologiques, biologiques et environnementaux.

Les médecins suspectent un déséquilibre chimique entre la noradrénaline, la sérotonine et la dopamine, qui sont les trois principaux neurotransmetteurs responsables des troubles affectifs.

En l’état actuel des connaissances scientifiques, il est impossible d’affirmer avec certitude si la luminothérapie a un quelconque effet sur la dépression sévère, même si les résultats des premières études en la matière s’avèrent plutôt encourageants.

Une équipe de chercheurs canadiens s’est en effet intéressée à la question et a soumis 122 patients atteints de dépression sévère non saisonnière à un test. Les patients ont été répartis en trois groupes différents :

- Le premier bénéficiait d’une cure de luminothérapie de 30 minutes au réveil avec l’administration d’un médicament placebo (présenté aux patients comme étant un antidépresseur) ;
- Le second était soumis à une lumière placebo (présentée comme un appareil générateur d’ions) et traité par antidépresseurs ;
- Le troisième recevait un antidépresseur et une cure de luminothérapie dans les mêmes conditions que le premier.

Conclusion : la combinaison luminothérapie/antidépresseurs ou l’utilisation de la luminothérapie seule étaient plus efficaces que le placebo ou les antidépresseurs seuls. Les chercheurs n’ont cependant pas réussi à expliquer ce résultat.