La luminothérapie médicale pour lutter contre la fatigue

La luminotherapie pour lutter contre la fatigue

Qui ne s’est jamais plaint d’une fatigue persistante ? Avec l’accélération des rythmes de vie, les limites physiologiques et psychologiques sont régulièrement atteintes, entraînant ainsi une baisse des performances physiques ou cognitives. Contrairement à l’asthénie, la fatigue est réversible avec la mise au repos. Cet état de faiblesse peut répondre à une dizaine de causes psychologiques ou organiques. Nous nous intéresserons aujourd’hui à ses racines saisonnières et à sa réceptivité à un traitement par la luminothérapie médicale

La fatigue hivernale en tant que symptôme de la dépression saisonnière

C’est bien connu : à l’arrivée de la saison froide et des caprices météorologiques qui l’accompagnent, de nombreuses personnes accusent une baisse de moral et un manque de vitalité passager. Si on reste très souvent dans le bénin, certaines personnes plus sensibles à la lumière peuvent voir leur qualité de vie décliner de façon drastique à chaque changement de saison.

Les petites baisses d’énergie sont tout à fait normales, mais elles ne doivent pas altérer vos activités quotidiennes et encore moins se chroniciser. Une fatigue récurrente doit être prise au sérieux, dans la mesure où elle peut faire suite à un trouble affectif de type dépression saisonnière ou dépression chronique.

La fatigue en tant que symptôme du coup de blues hivernal se traduit par une baisse de l’activité, des maux de tête, un endormissement en cours de journée ou encore des difficultés à trouver le sommeil la nuit.

Ces symptômes sont principalement causés par un trouble du rythme circadien (horloge biologique déréglée). Ce dysfonctionnement résulte en fait du déphasage de notre horloge interne avec les conditions d’ensoleillement et l’alternance entre le jour et la nuit.

La rétine reçoit moins de lumière, la glande pinéale produit plus de mélatonine (hormone du sommeil) au détriment de la sérotonine (hormone de l’humeur). En définitive, au fur et à mesure que les jours se raccourcissent, le déphasage s’accentue et la fatigue gagne du terrain.

La fatigue saisonnière… printanière !

Certaines personnes se plaignent d’une fatigue saisonnière qui se déclenche… avec l’arrivée des beaux jours ! En effet, lorsque la végétation se réveille et que le soleil se fait moins discret, une fatigue passagère peut se déclencher.

Si l’on connaît tous la fatigue hivernale, la fatigue printanière peut intriguer. Ce phénomène traduit bien le mystère qui entoure les troubles asthéniques et les progrès que la médecine doit encore faire pour en appréhender les causes réelles.

De nombreuses hypothèses ont été émises sans toutefois être corroborées par la science. Depuis quelles années, les chercheurs se concentrent sur la question de l’épuisement du système immunitaire, notamment lorsque le patient a été confronté à une grippe, un rhume ou une gastro-entérite en hiver.

Cette hypothèse qui semble avoir également la faveur des praticiens est appuyée par la multiplication étonnante des rhumes carabinés en plein mois d’avril, ce qui va dans le sens d’une fatigue du système immunitaire au sortir de l’hiver.

Une autre hypothèse a le vent en poupe : l’hibernation du métabolisme. En effet, certains scientifiques avancent qu’il faut donner le temps au corps pour se réadapter à la belle saison, après un sous-régime en hiver conséquent à une sécrétion accrue de mélatonine, la fameuse hormone du mode nocturne.

Si votre fatigue traverse les saisons sans faiblir, une consultation médicale devient alors impérative. Vous souffrez peut-être d’une dépression chronique ou d’un problème organique qui nécessite un traitement.

La luminothérapie contre la fatigue

Si votre fatigue apparaît régulièrement en hiver et qu’elle est accompagnée de troubles du sommeil, d’un coup de blues, d’anxiété et de stress, vous souffrez vraisemblablement d’une dépression saisonnière.

La photothérapie vous sera alors d’un grand secours ! En général, on conseille aux patients de réaliser les premières séances chez le médecin, avant de s’exposer à la lumière blanche à la maison par le biais d’une lampe de luminothérapie émettant 10 000 Lux.

Ce traitement pourra éventuellement être couplé à un simulateur d’aube pour préparer le corps dès le réveil à accueillir la lumière intense et faire le plein de vitalité avant d’entamer sa journée. Deux semaines de traitement régulier permettront de normaliser les différentes phases du rythme circadien, d’améliorer votre humeur et de booster votre activité diurne.

Si votre fatigue est intempestive et qu’elle traverse les saisons, une consultation médicale s’impose pour en déceler les causes intrinsèques. Dans le cas où une dépression chronique non saisonnière est diagnostiquée, un traitement à long terme vous sera prescrit.

Si la luminothérapie n’est pas encore plébiscitée pour le traitement des troubles affectifs non saisonniers, les premières études sont encourageantes et font état d’ une amélioration de l’état des patients dépressifs.

En effet, une étude canadienne a récemment démontré qu’un traitement qui allie l’administration d’antidépresseurs à des séances quotidiennes de luminothérapie à raison de 30 minutes au réveil devant une lampe de 10 000 Lux était plus efficace qu’un traitement exclusivement basé sur les antidépresseurs.

Cette piste est actuellement suivie par les chercheurs. Dans tous les cas, la luminothérapie reste une méthode de médecine douce qui ne présente que très peu d’effets secondaires.

Attention : contrairement à ce que l’on peut lire sur certains blogs, la luminothérapie ne stimule pas la vitamine D naturelle de la peau ! Si vous souffrez d’une carence aigüe, notamment en vitamine D3, la luminothérapie médicale ne vous sera pas d’une grande utilité dans la mesure où elle ne produit pas les UV nécessaires à la synthétisation de cette vitamine.