Le point sur la luminothérapie médicale

La luminotherapie medicale

Si elle a longtemps été systématiquement rangée dans la case des pratiques pseudo-médicales à l'efficacité discutable, la luminothérapie médicale s'est progressivement imposée comme une alternative douce et non invasive pour le traitement et la prévention des troubles affectifs saisonniers, mais aussi des dérèglements du cycle du sommeil et de certaines formes de dermatoses comme l'eczéma et le psoriasis.

Le prix Nobel décerné à Niels Finsen en 1903 pour ses travaux en la matière augurait d'un avenir lumineux pour la photothérapie… Il faudra pourtant attendre les années 1980 pour voir la thérapie par la lumière se démocratiser dans les cabinets médicaux et les centres de bien-être.

Aujourd'hui, force est de constater que les lampes de lumière blanche connaissent un engouement grandissant de la part du grand public et des professionnels de la santé. Qu'est-ce que la luminothérapie ? Quelles sont les pathologies qui ne lui résistent pas ? Quels sont ses principaux effets secondaires ? On vous dit tout…

La luminothérapie pour lutter contre la dépression

Avant de fonder ses espoirs sur le pouvoir thérapeutique et préventif de la photothérapie, il faut tout d'abord prendre le temps de diagnostiquer son trouble affectif. En effet, des symptômes comme un moral en berne, une humeur triste, une irritabilité accrue, un état de fatigue que le repos n'efface pas, la somnolence diurne, un réveil difficile, le stress, l'anxiété, la baisse de libido et le manque de concentration peuvent caractériser aussi bien une dépression saisonnière hivernale ou une dépression chronique sévère.

Si votre trouble affectif apparaît systématiquement pendant la saison froide et disparaît à l'arrivée des beaux jours sans se chroniciser, vous souffrez vraisemblablement du fameux coup de blues de l'hiver qui ne résistera pas à des séances régulières de luminothérapie. En effet, la dépression qui fait suite à une carence en lumière du jour pourra être traitée par une exposition quotidienne, idéalement dès le saut du lit, à une lampe de luminothérapie émettant 10 000 Lux pendant une demi-heure afin de rationaliser les fonctions de la glande pinéale qui régule la production de la mélatonine (hormone du sommeil) et de la sérotonine (hormone du réveil). Un simulateur d'aube pourra vous aider à optimiser vos séances.

Si votre trouble affectif est chronique et qu'il s'étale sur plusieurs saisons, vous souffrez visiblement d'une dépression sévère. Dans ce cas, votre médecin traitant vous prescrira un traitement à base d'antidépresseurs que vous pourrez coupler à des séances de luminothérapie pour plus d'efficacité ou dans le cadre d'un effort de prévention.

La luminothérapie pour lutter contre les maladies de la peau

Les observations cliniques des praticiens pendant plusieurs décennies ont motivé un travail de recherche pour percer le mystère qui entoure l'action bénéfique des rayons du soleil sur des pathologies comme l'eczéma, le psoriasis ou encore l'acné. En effet, de nombreux patients font état d'un soulagement des démangeaisons et de l'inflammation épidermique chronique après une exposition à la lumière du jour par petites doses.

Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer ce phénomène, sans toutefois faire l'unanimité auprès de la communauté scientifique. Le supposé pouvoir immunosuppressif des rayons ultraviolets (UV) qui empêchent le déclenchement des réactions immunitaires semble avoir la faveur de la dermatologie.

Contrairement à la dépression saisonnière ou aux troubles du sommeil, les problèmes de la peau ne sont à priori pas compatibles avec des séances de luminothérapie à la maison, dans la mesure où ils exigent un équipement spécifique.

• Ainsi, l'eczéma, qui est aujourd'hui l'une des causes les plus fréquentes de consultation chez les dermatologues, nécessite l'exposition aux rayons UVA TL01 sous contrôle médical pendant 30 minutes à raison d'au moins une trentaine de séances ;

• Pour le traitement du psoriasis et les maladies de peau, les médecins recommandent des séances de luminothérapie à LED bleue de 453 nm avec une longueur d'onde proche de l'ultraviolet pour réduire l'hyper-prolifération des cellules de la peau en complément d'un éclairage rouge qui réduit l'inflammation de la peau ;

• Pour ce qui est des problèmes d'acné, la photothérapie dynamique LED a montré ses preuves jusqu'à devenir le traitement phare pour soigner l'acné légère à sévèrement modéré. On doit cet engouement au docteur Tony Chu et aux conclusions sans appel de son expérience : 76% des boutons visibles sur 100 personnes atteintes d'acné avaient disparu après 12 semaines d'exposition à des sources lumineuses bleues et rouges à raison de 15 minutes par jour. Notons que l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) recommande la thérapie lumineuse intensive pour traiter certains types d'acné depuis 2002 ;

• Enfin, les problèmes de peaux dits « esthétiques » sont particulièrement réceptifs à la luminothérapie par laser LED. En effet, les vergetures évoluent favorablement à l'exposition lumineuse aux diodes rouges et orange. Selon la FDA, la luminothérapie réduit l'intensité de la cellulite lorsqu'elle est couplée à des techniques d'aspiration et de massage.

La luminothérapie pour lutter contre la fatigue

Si les petites baisses de forme sont tout à fait normales pendant les changements de saison, elles deviennent problématiques lorsqu'elles revêtent un caractère chronique ou récurrent qui peut impacter la qualité de vie de la personne. Lorsqu'elle accompagne une dépression hivernale, la fatigue se dissipe progressivement après quelques séances de luminothérapie qui rétabliront la sécrétion normale de la sérotonine au détriment de la mélatonine, ce qui améliore par la même occasion la qualité du sommeil.

Les médecins conseillent généralement de s'exposer à une lampe de luminothérapie de 10 000 Lux et de placer un simulateur d'aube dans sa chambre pour préparer délicatement le corps à recevoir la lumière intense dès le réveil.

Si vous souffrez d'épisodes de fatigue intempestifs qui traversent les saisons, il est impératif de consulter votre médecin pour identifier les causes intrinsèques qui peuvent être d'ordre psychologique ou organique.

Dans le cas d'une dépression non saisonnière, un traitement de fond vous sera prescrit. Aujourd'hui, l'efficacité de la luminothérapie sur les troubles affectifs chroniques n'est pas encore formellement prouvée, mais les premières études sont encourageantes.

Une équipe de chercheurs canadiens a en effet récemment démontré que le traitement de la dépression sévère devient plus efficace lorsque la prise d'antidépresseurs est alliée à une exposition quotidienne à une lampe de luminothérapie pendant 30 minutes au réveil.

Le point sur les effets secondaires de la luminothérapie

Que ce soit pour soigner et prévenir la dépression hivernale, les troubles du sommeil, les problèmes de peau ou encore la fatigue, la luminothérapie se présente à chaque fois comme un traitement alternatif doux et non invasif.

Toutefois, certains effets secondaires (de la luminothérapie) bénins, peu incommodants et surtout temporaires peuvent accompagner les séances de luminothérapie. Dans les premiers jours, les patients les plus sensibles à la lumière peuvent ressentir de légères poussées d'anxiété, des céphalées, une sécheresse oculaire, une baisse d'énergie ou encore quelques nausées : ces contretemps traduisent l'adaptation progressive de l'organisme à ce nouveau rythme.

Les patients à la peau claire peuvent parfois subir une petite irritation sans gravité.

Pour réduire les effets secondaires de la luminothérapie, il faudra augmenter la distance entre le corps et la source lumineuse, baisser la puissance d'éclairage de la lampe ou réduire la durée d'exposition en prenant soin d'augmenter ces variables progressivement jusqu'à atteindre une exposition quotidienne de 30 minutes à 10 000 Lux pour un résultat satisfaisant.

Il est également conseillé de recourir à un simulateur d'aube pour préparer le corps à recevoir la lumière intense.