Sortir de la dépression sans médicament : tour d’horizon des alternatives non invasives

Sortir de la dépression sans médicament

Les psychothérapeutes sont unanimes et les chiffres sont éloquents : selon l’Organisation Mondiale de la Santé, quelque 350 millions de personnes souffrent de dépression chronique dans le monde, et 800 000 concrétisent ce mal-être profond par un suicide. Bien qu’il existe des traitements efficaces pour limiter les épisodes dépressifs et remonter aux sources psychologiques de ce trouble mental, le manque de ressources, la pénurie des soignants, la peur d’être jugé et surtout la stigmatisation sociale entravent la guérison.

Avec 50 cachets pour 1 000 habitants par jour, la France occupe la 17e place en termes de consommation d’antidépresseurs parmi les pays de l’OCDE. Il faut dire que la prise en charge de cette maladie est souvent médicamenteuse. Elle demeure même souvent l’unique solution proposée aux malades. Pourtant, il existe d’autres alternatives moins invasives pour sortir de la dépression et soulager les symptômes sans tomber dans la spirale infernale des antidépresseurs. Tour d’horizon…

EMDR : la stimulation sensorielle pour sortir de la dépression

« Après sept ans de dépression, j’avalais trente pilules par jour. J’étais devenu un zombie ». Maxime, 29 ans, a été diagnostiqué bipolaire à 20 ans et a été interné pendant deux semaines dans un hôpital parisien. A 27 ans, il décide d’intégrer la clinique québécoise du Nouveau-Départ qui pratique la désensibilisation et le retraitement des informations à l’aide des mouvements oculaires (EMDR pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing).

« En voyant ma dose de médicaments, le médecin a parlé d’assassinat ». Après avoir suivi un traitement léger couplé d’une période de sevrage, Maxime appréciait reprenait goût à la vie en dépit de journées rythmées par des séances en compagnie de son psychothérapeute. Inventée par Francine Shapiro, psychologue et membre du Mental Research Institute de Palo Alto, la méthode EMDR vise à désensibiliser les souvenirs traumatiques, les phobies et les troubles anxieux présents, mais aussi de lutter contre les états de stress post-traumatique tout en réinstaurant des cognitions positives pour améliorer la qualité de vie de l’individu et de son entourage.

Faire face à la dépression en réapprenant à lâcher prise

« J’ai commencé par six ans de dépression larvée, puis j’ai vécu des périodes dépressives douloureuses. Je ne ressentais plus de désirs, si ce n’est celui de mourir ». Antoinette, 72 ans, a été diagnostiquée à 62 ans. Angoissée sans raison apparente, elle aura la présence d’esprit de ne pas se lancer tête la première dans la tentation des antidépresseurs. Préférant se mettre à l’écoute de son corps avec l’accompagnement de son psychothérapeute, Antoinette à trouver en la relaxation une réponse de choix à ses troubles mentaux et affectifs.

« L’ostéopathie, l’acupuncture et la luminothérapie débloquent mes énergies et les rééquilibrent. Le yoga et l’expression corporelle m’apprennent à habiter mon corps, à accorder le souffle au rythme, à renouer avec mon animalité ».

En réapprenant à lâcher prise, nous acceptons mieux nos vulnérabilités et nous prenons les bonnes dispositions pour prendre du recul sur les blessures du passé. Comme nombre de ses pairs ancestraux, l’acupuncture vise à libérer l’organisme des blocages qui entravent l’atteinte du bien-être.

En 2010, une étude « Acupuncture contre Placebo » a montré l’efficacité de la pose d’aiguilles à des endroits stratégiques du corps contre les symptômes de la dépression comme l’anxiété, la fatigue, l’asthénie, le manque de concentration, la mauvaise humeur, la perte d’énergie, les douleurs somatiques et les maux de tête.

Naturellement, on ne saurait préconiser les méthodes de médecine douce pour soigner des dépressions profondes, si ce n’est en complément d’un traitement de fond pour maximiser les chances de guérison. Attention : seuls les médecins et les sages-femmes sont habilités à pratiquer l’acupuncture en France.

Le basilic sacré : une huile essentielle adaptogène

« A 20 ans, je prenais un quart de Lexomil. A 25 ans, je suis passée à l’Effexor pour me booster et à l’Imovane pour m’endormir. J’avais la sensation d’être une droguée ». Gaëlle, 35 ans, a été diagnostiquée dépressive à 25 ans. On lui a proposé à elle aussi un cocktail explosif d’antidépresseurs et d’anxiolytiques.

Si les premiers cachets ont apporté un léger mieux à son état général, les effets d’accoutumance et la multiplication des doses ont très vite aggravé sa dépression. Un mariage et trois grosses plus tard, Gaëlle a enfin appris à dompter son moral. « Grâce à une amie, j’ai opté pour une alimentation saine et j’ai découvert le basilic sacré », se réjouit-elle.

Véritable vedette auprès des aficionados de l’homéopathie et du bien-être au naturel, le basilic sacré (également connu sous le nom de « tulsi ») est une huile essentielle dite adaptogène qui améliore la mémoire et les fonctions cognitives. L’huile posséderait les mêmes propriétés que les antidépresseurs et les anxiolytiques, réduisant ainsi le stress, l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil et l’épuisement sans effets secondaires. Des tests scientifiques randomisés en double aveugle effectués récemment en Inde tendent à confirmer ces attributs.